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Ninja Warriors XX

Impossible pour moi d’aller célébrer les 20 ans de Ninja Tune autrement qu’avec un ami de 20 ans, puisque les deux sont indissociablement liés.
C’est donc Flic que j’ai retrouvé, accompagné de quelques bières, d’une pizza et d’une bouteille de Montepulciano, histoire de se réchauffer un peu après avoir pris la pluie froide qui s’abattait sur Pigalle.
On arrive à la Machine du Moulin Rouge vers 23h. Kid Koala que nous attendons avec impatience ne sera pas aux platines avant une bonne heure et demi, et nous en profitons pour faire un peu le tour des salles. C’est pour l’instant les tauliers qui maîtrisent les lieux, puisque les deux patrons du label (et moitiés de Coldcut) se partagent la salle principale et le sous-sol. On fait plusieurs fois le tour du propriétaire, et plusieurs passages au bar mais pas trop puisque Flic a la riche idée de commander dès la première tournée des pintes de Vodka-tonic, qui annoncent bien son état d’esprit.

Jonathan Moore / Coldcut ©DVLS10

Ninja Girl ©DVLS10

Fin du set de Jonathan Moore dans la salle principale. L’équipe de Ping-Pong, Oof en tête, débarque sur la scène avec un gâteau, pendant que Kid Koala balance un son d’anniversaire. On sent le plaisir que les deux anglais ont à être là, dans ce pays qui a été si réceptif à leur travail pendant vingt ans, aux côtés de cette équipe qui a largement contribué à leur rayonnement en France.

Happy 20, Masters ! ©DVLS10

Matt Black / Coldcut ©DVLS10

Et Kid Koala reste seul sur scène. En costume de Koala, ouais mec. Une énorme hoodie en peluche bicolore avec deux grandes oreilles. Et sa tête au milieu, et toujours cet inextinguible sourire. Et toujours cette virtuosité. Et toujours ce groove évident et permanent. Il lui suffit de deux scratches pour se mettre la salle dans la poche en (ah non pardon, c’est pas un kangourou, j’ai confondu). Le set entier n’est qu’un grand moment d’énergie et de bonheur partagé. Trop court à mon goût puisque ça fait des années que je n’avais pas eu l’occasion de le voir en live, et que quelques uns de mes morceaux fétiches ont manqué à la performance.

Happy as a Koala ©DVLS10

Tout le monde les papattes en l'air ! ©DVLS10

On enchaîne ensuite sur un nouveau tour de salles, pour finir par atterrir au bar du haut, où une foule compacte danse sous les ordres d’un jeune DJ. Ca regorge d’énergie, de sourires et de connerie. On y passera un bout de temps, à faire des aller-retours entre le bar et le petit podium, avec juste quelques pauses pour aller prendre l’air sur l’escalier qui domine la grande salle, où c’est maintenant Four Tet qui balance un son excellent, mais qui ne suffit pas à nous faire redescendre de notre petit havre de connerie. Connerie qui continue à monter avec régularité, un peu comme la fatigue et la vodka-to dans le corps frêle de Flic qui évoque l’idée de déclarer forfait. Je suis moi-même un peu à cours d’élocution, donc d’arguments, mais heureusement le DJ a la bonne idée de balancer « Barbra Streisand », qui renvoie automatiquement Flic sur le dancefloor, et lui regonfle les batteries pour un bon moment. Il ne connaissait pas le morceau de Duck Sauce, et perso je ne l’avais encore jamais entendu en live, je suis définitivement conquis par son efficacité.

Ninja Skin ©DVLS10

4h. Flic tente une nouvelle fois de me pousser vers la sortie. J’accepte, mais à condition de passer par la salle principale, où une espèce de sosie de Kid Koala au rabais prend possession des platines à la suite de Four Tet. On jette un regard curieux, et il nous suffit de quelques secondes pour nous rendre compte que ça va envoyer du super lourd. Evidemment, puisqu’en fait, c’est DJ Kentaro. A partir de là, je ne me souviens plus très bien des détails, à part qu’il y avait beaucoup de sueur, beaucoup de sauts dans tous les sens, des gens qui dansaient sur scène, et des sourires extatiques plein la salle.

DJ Kentaro ©DVLS10

Booyaka ! Booyaka ! ©DVLS10

Impossible de partir avant 5h 1/2 du mat’. 6 heures de danse non stop, 6 heures de rigolade, 6 heures d’énergie. On n’a peut-être plus l’age, mais il fallait bien ça pour fêter dignement les 20 ans de Ninja Tune.

Marathon

Vendredi dernier, c’était prévu, je m’y étais préparé : ça allait être chargé.

Départ du Xe arrondissement à 16h30 sous le soleil pour rejoindre les Abesses. Sur le plan, ça ne fait pas très loin, mais la côte de 3e catégorie de la rue des martyrs me rappelle que je fume deux paquets de clopes par jour. J’arrive ruisselant et au bord de la crise d’asthme au Sancerre, où nos petits camarades de Folistar commencent à installer le matos. On finit la mise en place, et je prends les platines presque à l’heure. Musique estivale pour ravir un public nombreux composé principalement de poussettes, jeunes mamans, étudiantes encore en vacances, bobos-en-wifi, chômeurs, et de quelques potes branleurs qui ont réussi à arriver tôt, ainsi que de représentants de certains autres crews qui ne commencent leur set que plus tard.
J’ai récupéré mon souffle et le sourire, et j’attaque donc les pintes de Grolsch avec autant de soin que j’apporte au son (une pinte tous les 4 morceaux), avant de passer les platines à Seb, le boss de Folistar.

Seb / Folistar ©DVLS10

Je profite de son set depuis la terrasse en discutant avec les potes, avant d’aller faire un petit tour dans le quartier pour aller saluer la concurrence (Vice, OMS, Missive…). Ca commence tout doucement, et pour l’instant, le noyau central dont on fait partie semble le plus actif.
Retour au Sancerre alors que les rues et les terrasses commencent à bien se remplir. Même Michou, en Boss du quartier, fait son petit tour accompagné de sa cour.

Michouuuuuuuuuuuu !!! ©DVLS10

Milos Djukic / Clichey ©DVLS10

C’est désormais Milos Djukic qui a pris les platines, mais je ne vais pas pouvoir en profiter longtemps puisque je dois filer à Bastille pour le concert de Donso.
Dans ce sens-là ça va, c’est de la descente au moins jusqu’à République.

Concert énorme, le mélange électro-malien conquiert la salle, et le groupe finit le concert avec le même sourire extatique que le public. Grand moment de fraîcheur. Je suis déjà largement à la bourre, et pourtant je n’ai aucune envie que ça s’arrête, et aussi très envie de repartir très vite au Mali. Si vous voulez les découvrir, il faudra attendre les Transmusicales de Rennes, en décembre.

Pierre (aka Krazy Baldhead) / Donso ©DVLS10

Machines, Donso n'goni et Chant, le mélange magique ©DVLS10

Donso / Percus et guitare ©DVLS10

Fini de rigoler, je réattaque la montée vers les Abesses, toujours en vélo (mais avec l’ordi et la table de mixage en moins par rapport au premier trajet). J’atteins la butte juste avant 23h, et j’hallucine sur la marée humaine qui emplit la place et toutes les rues adjacentes. De la folie pure. Tous les bars ont déjà coupé le son, mais les gens ne bougent pas, tout le monde semble content de se retrouver là. On profitera d’ailleurs encore une bon bout de temps de la terrasse du Sancerre, pas pressés d’aller se frotter à la foule qui se presse à l’entrée de la Machine du Moulin Rouge. Les nouvelles variant assez peu, on décide même d’aller manger un morceau, en regardant la butte commencer à se vider petit à petit.
1h du matin, le ventre plein et l’enthousiasme débordant, malgré des échos toujours pessimistes de la porte de la Machine, on se met en chasse d’un bar accueillant. Peine perdue, la plupart sont bondés, les autres ferment, en amont comme en aval de Pigalle (à moins d’aller tenter du bar à entraineuse, mais ça fait un peu cher le verre). On perd progressivement une bonne partie de notre groupe, jusqu’à se décider, avec Flic, à tenter en duo notre chance à l’Elysée Montmartre pour l’anniversaire Ninja Tune, puisqu’il a deux places et que sa femme a déclaré forfait.
Mister Scruff est aux platines, les verres sont bien chargés, et on profite du spectacle une petite heure et demie avant que Flic n’abandonne sur un wizz-coke de trop.

Ninja Tune XX / Mr Scruff ©DVLS10

Je file vers la Machine. Il reste encore un peu de queue, mais j’arrive à me faufiler avec un peu d’aide, et je rejoins quelques potes pour boire des coups pas forcément nécessaires mais éminemment sympathiques. Je ne prends même pas le soin de faire le tour de l’établissement, on a Tekilatex sous les yeux, et ça suffit largement.

Tekilatex @ Grrrr Afterparty ©DVLS10

5h, fin de la seconde bouteille de vodka, certains évoquent Régine’s, d’autres un plat de pâtes dans un appart’ du quartier. Je choisis la seconde option, qui me parait beaucoup plus sage. Mais j’abandonne mes amis en chemin pour aller récupérer mon vélo. C’est à ce moment là que je me souviens que c’est l’heure du set d’Herbaliser à l’Elysée Montmartre. Hop, crochet rapide. Le videur m’explique qu’il ne laisse plus rentrer personne, mais appareil photo en main, je réplique que je suis là pour bosser, que si ça ne tenait qu’à moi je serais dans mon lit depuis longtemps, et qu’il n’a qu’à appeler son responsable. Il me croit, et je me délecte de 3/4h de set.

Ninja XX / Herbaliser ©DVLS10

C’est l’heure de rejoindre enfin mes potes, qui m’attendent autour d’un single malt qui me fait réaliser que j’ai largement dépassé mes AJRA (apports journaliers recommandés en alcool). J’avale quelques pâtes, et je file au lit, en remerciant le fixie qui m’ouvre le chemin sur la piste cyclable de Magenta (ma mise au point commence à être légèrement défaillante), et en me disant que c’est quand même dommage de n’avoir pas trouvé le temps de passer faire un tour à Oberkampf pour les 10 ans de Tigersushi.

Fin du marathon, et je peux vous le dire : c’est vraiment un sport de con.

Beck – Run Run Run (Velvet Underground cover)

NINJA XX

J’ai réalisé récemment avec quelques potes que nous auront bientôt 20 ans d’amitié. Ca nous a fait un choc. 20 ans à se cotoyer, se découvrir, se connaître sur le bout des doigts, partager d’innombrables moments, d’incroyablement diverses émotions. A bâtir une relation de confiance inébranlable.

Bizarrement, notre amitié a presque le même âge qu’un de mes labels de musique préférés. Bizarrement, ou pas. Parce que c’est toujours la même histoire. Une découverte, un coup de coeur, un approfondissement de la relation, et une confiance aveugle.
Voilà tout simplement mon histoire avec Ninja Tune. Je ne sais même plus par quel morceau ça a commencé, mais très vite j’ai eu envie de découvrir toutes les productions du label, et forcément, de pépite en pépite, de compil en achat à la pochette, jamais déçu, on bâtit une relation de confiance, on le suit les yeux fermés et on se laisse former les oreilles, en découvrant un hip-hop avec une dimension nouvelle, des dimensions plurielles, infinies.

Je me souviens des 10 ans. Une exposition du travail graphique du label, déjà (j’aurais bien volé les tours de vinyls emboités qui trônaient chez Fred Sanchez, et j’ai toujours les feuilles à rouler qui racontaient l’histoire du label). Des soirées dans des bars et des clubs partout dans Paris. Des concerts incroyables.

Dix ans après, déjà, ça recommence. Avec le plaisir de retrouver presque tous les piliers du label, ainsi que les nouveaux poulains. Trois soirée inratables, en plus de deux concerts à Beaubourg : vendredi 10  et 17 septembre à l’Elysée Montmartre, et le 1er Octobre à la machine du Moulin Rouge pour un final flamboyant, et l’occasion de revoir enfin sur Paris le DJ le plus talentueux et le plus souriant du monde, Monsieur Kid Koala (après la frustration du concert annulé qu’il devait faire avec DJ Shadow et Cut Chemist en 2008).

Ca commence dès aujourd’hui par une expo de l’univers visuel du label à la Galerie Chappe. Et c’est suivi d’une soirée gratos à la Machine du Moulin Rouge, l’occasion en particulier de voir officier DJ Oof, qui en plus d’être un DJ de grande qualité (en cinémix ou pas) doit être remercié à genoux pour le travail de promotion qu’il a fait pour Ninja Tune en France au travers de Ping Pong.

Hip-Hop will rock and shock the Nation !

Luke Vibert – Get your head down

Ninjas, party ! Show no Mercy !

Et de l'argent pour le coffret anniversaire qui tue, aussi...