La mort de la Nature

excusez-moi si je vous saoûle avec des sujet pénibles ces temps-ci.
Et pourtant je vais très bien, je vous assure. Mais il m’est impossible de ne pas réagir à des événements qui me choquent profondément. De ne pas vous parler de Fukushima avant-hier et de Nature aujourd’hui.
Si je ne parle pas, je vomis.

– 12 000 ans : premières traces de sédentarisation. L’homme cesse d’être un prédateur (chasseur / charognard / cueilleur) et devient un producteur. il tente d’optimiser ce que la nature lui offre dans un lieu de son choix
– 10 500 ans : débuts de l’agriculture volontaire
– 8 500 ans : premiers animaux domestiques

Depuis, les hommes ont adoptés une logique simple en matière d’agriculture, basée sur une très simple observation du rythme de la nature.
Pour les bêtes c’est logique : on utilise une partie du troupeau pour le lait, une partie pour la viande et la peau, et on n’oublie pas de sélectionner les meilleurs reproducteurs pour prolonger l’espèce, sinon elle s’éteint.
Pour les plantes ça s’appelle l’assolement triénnal. On fait tourner des parcelles sur trois ans, un an en culture, un an au repos, un an en pâturage fertilisé par les bêtes, et on recommence.
Et quand on récolte, on garde une partie de la production pour replanter l’année suivante.
Tout ça jusqu’en 1960.

1960 : début de l’agriculture intensive ou agriculture industrielle (révolution verte).

A partir de là, l’homme a décidé d’imposer un rythme contre-nature à la nature. Pourtant, la réponse est dans la formulation : c’est absurde.

Faire des fruits du soleil en serre sous des lampes.
Donner des hormones à des poulets.
Faire pousser une plante deux fois plus vite.
Et croire que cette torture peut donner quelque chose de bon.

Après avoir boosté la nature, on a profité d’un nouveau jouet pour la transformer radicalement.
1953 : découverte de la structure de l’ADN
1972 : premier OGM (bactérie)
1972 – 1977 : moratoire sur la génétique décidé par les scientifiques.
1982 : création du premier animal génétiquement modifié (une souris géante)
1983 : Monsanto crée la première plante génétiquement modifiée (du tabac)
1995 : premières commercialisations de semences

C’est bien ce qu’ils font les petits gars de Monsanto. Des produits plus efficaces, plus résistants à leur environnement. Et des produits stériles, aussi, quand ils le peuvent. Pour interdire de facto aux agriculteurs de réutiliser les graines récoltées pour replanter l’année suivante. Ben oui, sinon on ne peut pas te refourguer de la came chaque année, pécore.
Mais vu qu’ils ne sont pas encore au point en génétique sur tous les produits, ils attaquent sur le fond. Donc on oblige à une production standardisée, histoire que tout le monde finisse par utiliser les produits maisons. Et on interdit, au nom du respect de la propriété intellectuelle, de replanter les graines fertiles.
Pratique couramment esquivée par les agriculteurs (et tolérée) jusqu’à ce jour glorieux de lundi dernier.

28 novembre 2011 : le parlement français adopte une nouvelle réglementation sur les semences.
En gros pour faire simple : 99% des graines utilisées par les agriculteurs sont le fruit d’industriels.
Pour la moitié d’entre elles, la réutilisation pour semer est impossible ou interdite. Donc tu raques.
Pour l’autre moitié, on procédera à une taxation d’office (50 cts par tonne sur le blé tendre, la seule semence déjà taxée depuis 2001). Donc tu raques encore. Et au passage on fait aussi raquer de force les agriculteurs qui résistent et protègent les 1% de semences naturelles et non protégées intellectuellement).

Ca va, vous suivez ? on arrive à la conclusion.

1 – on étrangle les agriculteurs. Heureusement c’est pas une grande entreprise comme France Telecom, les suicides massifs se verront pas trop. Le seul qui s’intéresse encore à ces cons c’est Pernaud, donc c’est dans la poche.
2 – on privilégie le droit et le profit d’une entreprise, en dépit du bon sens. Tout ça alors que mon bon sens à moi me dit que les profits et la croissance à deux chiffres d’une entreprise sont par nature un non-sens. Parce qu’une entreprise c’est comme un arbre : ça ne grandit pas de 20% par an.
3 – On bafoue la nature. Priver tout l’écosystème de variété, de hasard, d’interaction avec la faune, c’est le tuer très sûrement. Dérégler tout le cycle de pollénisation, tuer les insectes.

L’article du Monde est ici.

 

Thx Tarik SF, again.

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