Best of FIAC (part. 3) I LOVE ART

J’ai semble-t’il un grand coeur et un oeil aiguisé. La preuve, c’est que je suis tombé amoureux de beaucoup d’oeuvres pendant la Foire, et que, manque de bol, c’était généralement des trucs hors de prix.

Vu qu’il y en a beaucoup, on va faire ça en deux fois : les merveilles du Grand Palais aujourd’hui, et tout ce que j’ai repéré en Off (Cutlog, Slick, Art Elysée, Chic Art Fair) demain.

La première chose qui m’a attiré à la FIAC, c’est un bout de caillou.
Un gros bloc de pierre blanche, une espèce de rondelle arrachée à la roche. Son contour brut approximativement rond, et une face parfaitement lisse, percée en son centre.
Ca a l’air con, comme ça. Mais le trou parfaitement dessiné, à l’arête tranchante apparait comme une aberration à la surface du bloc, et donne envie de regarder à l’intérieur. Et l’intérieur de cette mini-montagne est hallucinant : loin d’être une caverne froide et sombre, c’est une source de lumière douce, un ventre accueillant.
Forcément, puisque la pierre est de l’albâtre. Et parce que le coeur et l’arrière de la pierre sont taillés jusqu’à atteindre une incroyable finesse qui laisse passer la lumière et la concentre.
J’ai mis un petit bout de temps à trouver le cartel qui me donne le nom de l’oeuvre et de l’artiste. Ah ouais, OK. Anish Kapoor (l’homme du Leviathan qui m’avait enchanté au même endroit en juin pour la fête de la musique). Evidemment.

On change de style et de budget, et je m’arrête devant cette série de bouches. C’est sans prétention, mais ça a de la gueule, non ?

Je me retourne, et sur le mur en face, j’aperçois ces deux formes sombres bizarres. Des hauts de quilles ? Il faut que je m’approche pour en distinguer la texture. Et que je m’éloigne à nouveau un peu pour faire le lien avec le faucon à leur droite. Ce sont deux canards de dos, épiés par leur prédateur.

Après la pierre magique d’Anish Kapoor, celle de Barry X Ball. Ce Dual Portrait of Jeanne (2007), en Onyx du Pakistan, joue incroyablement avec les variations de couleur de la pierre et est sculpté avec une subtilité folle.

Je ne sais pas si ça a un lien avec la toute fraîche annonce de la séparation de Sonic Youth qui rend malheureux tous les amoureux du rock, mais, au moment où la toile originale de Daydream Nation était vendue un prix record (indécent, même), on retrouvait sur de nombreux stands de la FIAC des illustrations de Raymond Pettibon (l’homme qui a offert au rock la pochette de Goo).

Pour la première toile de la sélection, on va faire simple : une opposition entre un orange aussi lumineux que lisse, et un lit-de-vin tout en aspérités.

Gros blocage aussi sur cette toile (Erik Schmidt, Das Geheimniss der Prinzen, 2007). Derrière le sujet banal se cache un incroyable travail de la matière et de son relief, tout cela avec une totale économie de couleurs (du bleu et du rouge en plus du noir et du blanc)

Ce ne sont pas des toiles, mais ça y ressemble : Untitled (Nets) de Rachel Whiteread, c’est une série de 5 plaques d’argent découpées au laser, reproduisant très exactement des filets ou des mailles trouvés au hasard par l’artiste. Moucharabieh, labyrinthe ou toile d’araignée, chacun a sa propre luminosité, sa propre sensualité.

Objet fou, ce Sakra (1995) de Gunter Haese. Le cadre lui-même semble en suspension, tout comme les boules finement sculptées à l’intérieur de celui-ci. Légèreté absolue. La taille variée des boules dorées fait perdre toute notion de perspective et génère un mouvement incompréhensible à la moindre variation de l’angle de vue. On se croirait dans une flute de champagne, en fait.

Allez, c’est bientôt Noël. Vous pouvez m’offrir un Basquiat. Ou une monumentale tour de dentelle de métal de Wim Delvoye (même si je préférais le tractopelle de l’année dernière). Merci. Et un appartement gigantesque pour aller avec, tant que vous y êtes.

Evidemment que je veux une photo de JR. Par exemple celle-ci.

Je veux tout sur cette image. Le Seated Companion de Kaws, le diptyque An Eye, a Tooth (Bharti Kher). Et eventuellement la fille de la galerie.

Allez, on arrive à mon top 3.
Trois femmes, pour trois coups de foudre.

Deuxième dauphine : l’hyperréaliste Betty Tompkins (Masturbation Painting #6).
Une image crue vue de loin qui se brouille et s’atténue à mesure que l’on s’approche et que la douceur du coup de pinceau domine. L’image semble alors émerger du brouillard (beaucoup moins dense et contrasté en vrai que sur la photo), une sorte de rêve érotique éveillé.

Première dauphine : Ghada Amer.
Difficile d’expliquer tout ce qui m’a fasciné dans cette toile. J’aime l’harmonie des couleurs, le travail de coulures, la répétition de personnages quasiment cachés, et surtout l’incroyable sensualité de ces fils qui viennent soit en surpiqûre soutenir le dessin, soit librement et subtilement apporter du mouvement et de la fluidité.

Est élue REINE de la FIAC à l’unanimité de moi-même :

GEORGIA RUSSELL
Une gamine. Enfin une fille plus jeune que moi.
Une artiste qui ne respecte rien.
Qui passe le temps en découpant ce qui lui tombe sous la main à coups de cutter.

Vous lui donnez une belle photo de vague, et vas-y que je te fais des trous dedans.

Vous lui donnez un bon livre, elle vous rend un monstre poilu. Sans même le lire avant, je suis sûr.

Georgia, je vous aime. Voulez-vous m’épouser ? J’aimerais vivre au milieu de vos oeuvres, cotoyer votre talent, observer votre dextérité, comprendre votre art du mouvement.

Pendant que vous travaillez, je choisirai de la musique pour accompagner la naissance de vos oeuvres d’une folle beauté.

MP3 : Space Raiders – Beautiful Crazy

A ce soir à l’Andy Wahloo où je serai aux platines de 20h à 2h.

Et a demain ici-même pour la suite de mes amours, en Off.

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