pas con

c’est l’histoire d’un mec pas con.
Un mec qui a droppé la fac, mais qui y est resté un peu pour suivre des cours de typographie, et qui a vraisemblablement bien retenu la leçon quand il a monté sa boite.

Un mec qui met comme prérequis à la création de son premier ordinateur le fait qu’il doive utiliser des typos de qualité pour être lisible, confortable, agréable, pas agressif. Et ouais, ça sert à ça la typographie. On lit 25% plus vite un texte bien mis en page. On comprends mieux, on se fatigue moins.

Un mec pour qui il était évident qu’il serait plus simple de manipuler des images que des lignes de code, et qui a voulu un outil malin pour se promener dans cette interface graphique.

Un mec qui a pensé le logo de son entreprise hors de toute considération descriptive. Aller à l’essentiel : vendre, donc faire envie, simplement, et l’assumer en choisissant d’incarner la tentation.

Un mec qui a voulu une des plus belles chartes graphique que je connaisse, basée sur une utilisation épurée de l’image et de la Garamond, pour être la voix du « think different » depuis le lancement du macintosh en 84 jusqu’aux années 2000. Un style et un ton reconnaissables entre mille, comme la voix d’un ami dans la foule.

Un mec qui a compris que comme la lisibilité, c’est l’ergonomie et la facilité d’usage et de contact qui priment sur la performance pure. Et la beauté aussi.
Un mec qui en a profité pour nous vendre des objets de plus en plus chers et de plus en plus contraignants et asservissants.

Un mec tellement fort qu’il a pensé qu’il suffisait de glisser deux stickers en forme de pomme dans chacun de ses packagings pour transformer ses clients en panneaux publicitaires vivants. L’Apple-addict est un hérault qui paye cher, et en plus qui rapporte.

Un mec qui a fini par faire designer de véritables temples pour vendre ses produits, avec la marque en lévitation mystique (cf. Jean 2. 13-23)

Un mec qui a réussi à devenir une image au même titre que sa marque.
Un génie, peut-être.
Un visionnaire, c’est possible.
Un gourou, c’est prouvé par les réactions à son décès.
Un extraordinaire maître de la communication, de l’image et de la manipulation, c’est évident.

On peut trouver l’émotion des gens disproportionnée. C’est mon cas, parce que ça reste un mec qui me vendait des trucs certes kiffants, mais je le connaissais pas, et il me les vendait bien chers en me prennant de plus en plus souvent pour un con (j’en veux pas de ton iPhone4 à 500 euros alors arrête de me faire planter mon 3 avec tes mises à jour vicieuses). Alors que j’ai été submergé d’émotion il y a deux semaines quand j’ai appris que l’épicier magique de la rue Montorgueuil où j’achetais mes pistaches, la caverne d’alibaba aux épices, babouches et animaux empaillés, allait devenir une pizzeria (ça n’a rien à voir mais il fallait que je vous en parle). Non je sais pas moi, je kiffe de prendre l’avion mais j’ai pas pleuré à la mort de William E. Boeing, quoi (forcément, j’étais pas né).

Si Steve Jobs est une icône,
je me dois de le célébrer en musique, avec une autre icône : celle de la fourmi, le label de Dosh. icon vs anticon.

Dosh – Steve the Cat

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