sois sage

Je travaille de chez moi, j’y vis.
Au dernier étage, fenêtres ouvertes, je règne sur la grande cour.
Six étages d’ouvertures sur des dizaines d’appartements.
Je les regarde rarement, mais je les entends.
J’entends leur musique, leurs cris, leur vie.

Il y a des mois déjà, j’ai été surpris, un jour, en pleine après-midi
par un bruit totalement indéfini.
Ce pourrait être un chant inconnu
Ne serait-ce pas plutôt une plainte étouffée ?
Un animal bizarre peut-être.
Il y a quelque chose de Véroniquesamsonnien dans ce son…
Un boucle sans cesse répétée
parfois brève, souvent pendant de très longues minutes.
Monotone, hypnotisante, assourdissante.

La chose la plus juste que j’ai trouvé pour la décrire, c’est,
bizarrement, le rire de psychopathe de Thierry Rolland. Ca fait un peu flipper quand même. Pour ceux qui n’ont jamais entendu, c’est là, au début de la vidéo.

Je n’ai jamais su ce que c’était.
Je n’ai jamais su non plus d’où venait le son,
qui ricoche sur les parois de la cour,
qui l’emplit, loin et proche à la fois.

Jusqu’au week-end dernier.
Pendant une sieste au soleil, pendant que je profitais des dernières heures d’été, il est revenu.
Et au bout de quelques minutes, un autre son, identique, lui a répondu.
Reproduction des mêmes modulations, en rythme avec le premier.
Un duo. Je deviens fou.
Puis le nouveau s’est mis pour la première fois à varier la tonalité, comme un appel au dialogue.
Mais le premier n’a rien changé de son motif lancinant.

Le nouveau reprenait de plus belle, plus hardi, presque un chant,  quand une voix l’a coupé, doucement :
« s’il vous plait ».

Je me suis approché de la fenêtre.
J’ai aperçu une jeune femme, en face un peu plus bas, qui de sa fenêtre s’est adressée aux deux jeunes qui viennent d’emménager, et qui avaient repris le chant curieux.

« C’est une femme. Elle souffre beaucoup. Une tumeur au cerveau. »
Sans colère, sans indignation, sans imploration.
Juste une image jetée dans la cour, pour habiller le son.
Lui donner un triste sens.

J’habite au dernier étage, je règne sur la cour.
Je suis retourné dans mon salon, et j’ai mis du son.
Toutes fenêtres ouvertes, pour parler à ma cour à mon tour.
Calme toi. Laisse aller ta tête.

Nostalgia 77 – Simmer down

Simmerdown, simmerdown, simmerdown,lay your head down
Simmerdown, simmerdown, simmerdown, lay your head down

When you can’t wake up,
When you can’t sleep
You grow tired drifting downstream

Simmerdown, simmerdown, simmerdown, lay your head down
Simmerdown, simmerdown, simmerdown, lay your head down

Children singing from your hypnosis, lay your head down
Father singing swing rose, lay your head down
You can leave the door ajar in the morning I’ll be there
Fast asleep by your side, breathing deep

Simmerdown, simmerdown, simmerdown, lay your head down
Simmerdown, simmerdown, simmerdown, lay your head down
Lay your head, simmerdown lay your head, lay your head, lay your head down.

sois sage ô ma douleur

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