A la rue, à la joie

Nous sommes les hommes de la rue.
Nous arpentons le pavé toute la journée, à la recherche d’un coin de porte qui nous protège pour la nuit, en quête d’un fruit trop mûr oublié sur un marché, d’un reste de repas que vous auriez négligé. Nous marchons vers une vie meilleure ou pour fuir celle si terrible qui nous est offerte. Nous courons parfois devant la police, et souvent derrière vos calèches, dans l’espoir d’une pièce que vous lâcherez avec plus de dédain que de pitié. Nous nous courbons sur votre passage, un peu honteux c’est vrai, mais aussi parce que c’est bien la posture la plus habile pour tenter de vous dérober une bourse ou un bijou.
Nous sommes les clochards, les va-nu-pieds, les sans-abri, les sans-le-sou. Il n’y a bien que de noms dont nous ne manquons pas. Et de ruse, et d’astuce, et de ressource aussi. La ville est à nous bien plus qu’à vous, même si nous n’avons pas de titre de propriété. Nous y vivons jour et nuit, en savons tout, et la remplissons de nos cris.

Nous sommes les femmes de la rue.
Nous sommes le vice, l’envie, le désir et le plaisir. Nous sommes au fond de toutes les tavernes, et au coin de chaque rue. La ville est à nous bien sûr, puisque nous en tenons les murs, nonchalamment. Nous portons le verbe aussi haut que le jupon, pour vous faire rougir ou frémir, fuir ou durcir. Nous offrons nos charmes, mais juste à vos regards fuyants et à vos fantasmes cachés. Pour avoir un plus ample aperçu de nos talents, il vous faudra faire preuve de générosité. D’une très grande générosité, c’est le prix de notre chair, de notre chaleur, de nos soupirs, de nos râles, de nos compétences, et surtout de notre silence. Nous jouons à merveille du maquillage, du corset, de la langue, du rond de jambe et de la danse. Qu’importe l’artifice pour vous tourner la tête.
Nous sommes les putes, les traînées, les catins dites-vous. Mais nous sommes juste les filles de la rue. Les filles de Joie.

Nous sommes le Peuple de la Rue.
Et nous allons vous prouver le 16 octobre que nous sommes, malgré tout ce que vous pensez de nous, les meilleurs.

Nous sommes la WeBe Family, et nous serons les seigneurs du Bal des Canailles.

Tremblez, braves gens.

MP3 : Alexis HK – Nous sommes revenus
vidéo : Colette Renard – Les nuits d’une demoiselle

Supertramp !

Filles de Joie

Si vous désirez rejoindre la Famille Webecome, envoyez votre candidature à Papa ou Maman…

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4 réponses à “A la rue, à la joie

  1. moua moua moua !!! !:D

  2. clap clap…
    (ça me fait repenser à un vieux concours et à un texte de dos passos :
    « Now their work is over the immigrants haters of oppression lie quiet in black suits in the little undertaking parlor in the North End. The city is quiet. The men of the conquering nation are not to be seen on the streets. They have won why are they scared to be seen the streets? On the streets you see only the downcast faces of the beaten the streets belong to the beaten nation all the way to the cemetery where the bodies of the immigrants are to be buried. We line the curbs in the drizzling rain we crowd the wet sidewalks elbow to elbow silent pale looking with scared eyes at the coffins. We stand defeated America. »)

  3. et moi a ca

  4. Pingback: Les temps sont durs |

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