Archives mensuelles : septembre 2010

Dehors les Roms !

Je voudrais, pour une fois, donner une dimension politique à mon discours habituellement si léger et futile.
J’aimerais saluer le courage du Gouvernement Français, de notre Président et de nos ministres de l’Intérieur et de l’Immigration, pour le combat qu’ils osent mener contre la vermine.

Car les Roms, ce ne sont pas que des mecs qui savonnent les pare-brises à l’eau sale ou des chanteurs de hip-hop dans le métro.
Les Roms sont des monstres qui mutilent leurs propres enfants pour les envoyer mendier dans la rue, ce sont des parasites voleurs de poules et de Mercedes, de véritables vampires qui sucent le sang de la belle société Française.
Et en plus, ils mangent les enfants. Si si, c’est prouvé. D’ailleurs, on les appelle roms à cause de leur origine roumaine, mais y’a quoi en Roumanie, hein ? Les montagnes des Carpates et la Transylvanie. Vous commencez à saisir ?
Ce n’est pas à l’insécurité que notre courageux gouvernement s’attaque. Mais tout simplement au Mal lui-même, au Démon et à ses suppôts suceurs de sang.
Allez, hop ! dans l’avion les vampires, en charter les draculas itinérants ! Retour express en Transylvanie. Mais dans la dignité, et en musique bien sûr.

Batmobile – Transsylvanyan Express
(merci à Tuxedo Groove pour la découverte)

"sur un ton humoristique" ©Eric Roset

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Je suis VERT

Si je pouvais avoir un pouvoir magique, j’aimerais le don d’ubiquité. Ou la capacité de voler. L’un ou l’autre seraient bien pratiques certains jours pour profiter de toutes les soirées que nous propose Paris (la ville n’est pas encore totalement morte semble t-il, à moins que ce ne soit son dernier sursaut ?).

C’est particulièrement le cas vendredi prochain. Ca va être très chaud de profiter de toutes les merveilles qu’on nous balance en même temps.

On commence à 17h à Montmartre, pour la 2e édition de la Grrrrr Block Party. Après avoir retourné le Marais l’année dernière, on remet le couvert cette année à Montmartre. La fine fleur des crews parisiens prend d’assaut la butte Montmartre. Nous on a de la chance, on trônera en plein milieu de l’action, au Sancerre, rue des abesses. Donc quand j’aurai refilé les platines à Milos ou à nos petits camarades de Folistar, je pourrai aller saluer mes potes et confrères qui jouent tout autour, jusqu’à 23h comme nous. En étant certain de croiser à peu-près tout Paris en moins de 500 mètres…

Mais le problème c’est que j’irais bien aussi au Café de la Danse à 20h30 revoir Donso en concert. Donso, c’est le projet electro-malien de Krazy Baldhead, et ça déchire. Déjà, ca se complique.

A 23h, on clôture la Block Party à la Machine du Moulin Rouge : Fortune, We are Enfant Terrible, Para One et Tacteel, Bobmo, Marco Dos, (avec Edouard Rostand, Estelle Surbranche, Violaine Schütz et Cédric Couvez en press-battle bonus), ça sent le lourd, et il risque d’y avoir le feu.

Pendant ce temps, à quelques centaines de mètres de là, Ninja Tune fera la seconde de ses trois soirées de 20 ans. Si vous n’avez pas votre place et que vous arrivez à choper un des 400 sésames qui seront mis en vente le soir même, vous pourrez danser toute la nuit avec Roots Manuva (live), Mr Scruff (6 Decks Dj Set), The Herbaliser (dj team), The Infesticons (live, aka Mike Ladd & Juice Aleem). Pas crado, le plateau d’anniversaire, hein ?

Un anniversaire n’arrivant jamais seul, Tigersushi a choisi le même soir pour fêter ses dix ans. Et eux ils seront au Charbon + Nouveau Casino à partir de minuit et pour toute la nuit, avec la fine fleur des artistes et des amis du label : Joakim, James Holden (Border Community), Surkin (Institubes), Cosmo Vitelli (I’m a Cliché), DJ Mehdi (Ed Banger) au nouveau Casino, et Krikor, Zombie Zombie (Versatile), D-i-r-t-y Sound System (D-i-r-t-y), Panico, Principles of Geometry, DYE, et Tigersushi Bass System au charbon. Que du bon jusqu’au bout de la nuit.

Et quand j’apprends que le même jour, il y a aussi Grand Master Flash au 1515, (je vous passe l’excellente résidence classieuse de Miss Kittin au Regine’s) je n’ai qu’une chose à dire :
PUTAIN MAIS VOUS POUVIEZ PAS VOUS ORGANISER POUR PAS TOUS FAIRE LA TEUF LE MÊME JOUR BANDE DE CRETINS ?

Voila, vous avez les cartes en main.
Choisissez de quel côté vous voulez aller, moi j’irai du mien.

Bob Dylan – Most Likely You Go Your Way (And I’ll Go Mine) – Mark Ronson Remix

GRRRRRouillez vous, courez partout ! ©DVLS10

Dans ton Cul

Bizarrement, depuis quelques jours, on revoit apparaître sur le web un vieil article sur les aventures d’un médecin autodidacte antibois. Si ça a réussi à vous échapper, le voila :

(click to enlarge)

Comme vous mesdames, j’ai été déçu d’apprendre que cette incroyable avancée médicale ne fonctionnait pas vraiment. Alors, n’écoutant que mon amour de la Science, je suis parti à la recherche d’une médecine douce qui garantisse de vrais résultats. Parce que, chère lectrices, votre santé me tient à coeur.

Et j’ai trouvé, quelque chose qui fait du bien et qui est efficace.

Two Door Cinema Club – Something Good Can Work (The Twelves Remix)

En fait, il ne s’était pas trompé de beaucoup. Un prix Nobel se joue parfois à quelques centimètres.

Merci, professeur Dayan !

Vibration

Je suis un animaux (comme dans la jolie chanson de monsieur oizo). à peine doué de raison. Et ceci pas simplement lorsque j’ai un peu trop bu (ce qui m’est arrivé deux ou trois fois). Naturellement, profondément, instinctivement.

Je ne peux pas envisager la musique de manière rationnelle et réfléchie. La musique est un ensemble de sons, des ondes qui traversent l’espace et le font vibrer, ainsi que tous les objets qu’ils rencontrent. Et vu que je suis extrêmement sensible, ben mon corps répond parfaitement aux stimulations sonores, particulièrement quand elles sont qualitatives et harmonieuses.

J’ai bien essayé de renvoyer les ondes, de réfléchir (sur) la musique, mais c’est peine perdue. Moi, je suis fait pour résonner, pas pour raisonner.

Il m’est arrivé de vivre de grands moments de solitude, entouré de gens qui, en concert, prennent des poses extrêmement sérieuses (une en particulier : seul à me dandiner au milieu de 200 lecteurs de Télérama, devant un set enflammé de James Lavelle, à une expo Murakami à la Fondation Cartier). Mais j’ai même pas honte. Je vois pas pourquoi d’ailleurs, c’est pas moi qui arbore une mine ridicule et renfrognée, comme si j’étais en train de faire caca en plein concert, après tout.

Et puis de toutes façons, je danse généralement les yeux fermés, donc je m’en fous que vous me preniez pour un pont. ou pour de l’eau (j’en suis composé à 90%, sauf en fin de soirée), ou même pour du sable ou de la pâte chelou. Moi, je me contente de vibrer. C’est physique, voyez-vous.

Résonance Calvaise ©Ph. Loparelli 2005

IV the Polymath – Vibration

NINJA XX

J’ai réalisé récemment avec quelques potes que nous auront bientôt 20 ans d’amitié. Ca nous a fait un choc. 20 ans à se cotoyer, se découvrir, se connaître sur le bout des doigts, partager d’innombrables moments, d’incroyablement diverses émotions. A bâtir une relation de confiance inébranlable.

Bizarrement, notre amitié a presque le même âge qu’un de mes labels de musique préférés. Bizarrement, ou pas. Parce que c’est toujours la même histoire. Une découverte, un coup de coeur, un approfondissement de la relation, et une confiance aveugle.
Voilà tout simplement mon histoire avec Ninja Tune. Je ne sais même plus par quel morceau ça a commencé, mais très vite j’ai eu envie de découvrir toutes les productions du label, et forcément, de pépite en pépite, de compil en achat à la pochette, jamais déçu, on bâtit une relation de confiance, on le suit les yeux fermés et on se laisse former les oreilles, en découvrant un hip-hop avec une dimension nouvelle, des dimensions plurielles, infinies.

Je me souviens des 10 ans. Une exposition du travail graphique du label, déjà (j’aurais bien volé les tours de vinyls emboités qui trônaient chez Fred Sanchez, et j’ai toujours les feuilles à rouler qui racontaient l’histoire du label). Des soirées dans des bars et des clubs partout dans Paris. Des concerts incroyables.

Dix ans après, déjà, ça recommence. Avec le plaisir de retrouver presque tous les piliers du label, ainsi que les nouveaux poulains. Trois soirée inratables, en plus de deux concerts à Beaubourg : vendredi 10  et 17 septembre à l’Elysée Montmartre, et le 1er Octobre à la machine du Moulin Rouge pour un final flamboyant, et l’occasion de revoir enfin sur Paris le DJ le plus talentueux et le plus souriant du monde, Monsieur Kid Koala (après la frustration du concert annulé qu’il devait faire avec DJ Shadow et Cut Chemist en 2008).

Ca commence dès aujourd’hui par une expo de l’univers visuel du label à la Galerie Chappe. Et c’est suivi d’une soirée gratos à la Machine du Moulin Rouge, l’occasion en particulier de voir officier DJ Oof, qui en plus d’être un DJ de grande qualité (en cinémix ou pas) doit être remercié à genoux pour le travail de promotion qu’il a fait pour Ninja Tune en France au travers de Ping Pong.

Hip-Hop will rock and shock the Nation !

Luke Vibert – Get your head down

Ninjas, party ! Show no Mercy !

Et de l'argent pour le coffret anniversaire qui tue, aussi...

Black Rebel Motorcycle Club

Ca fait une semaine que je tourne en rond, cherchant une façon de parler de la claque que j’ai pris devant le dernier film que j’ai vu.

Staff Benda Bilili est un film sur des musiciens handicapés vivant dans les rues de Kinshasa (République Démocratique du Congo, un petit coin d’enfer si vous ne faites pas partie de l’élite locale). On suit ce groupe composé à moitié de malades de la polio, circulant sur leur tricycles fait maison (tout comme leurs guitares, percus ou autres instruments), dans leur quête de la gloire.
Non, c’est nul, ça.

Staff Benda Bilili est un conte dissimulé sous un documentaire, oeuvre de deux réals français qui, au hasard d’un travail sur les musiques urbaines dans la capitale congolaise, se sont pris de passion pour ces hommes et ces gamins, allant jusqu’à remuer ciel et terre pour les aider à enregistrer leurs premiers morceaux et leur premier album (« très très fort »), puis à organiser leurs concerts, leurs tournée (européenne et mondiale), jusqu’au succès. Un peu comme Buena Vista Social Club.
Non, c’est nul, ça.

Staff Benda Bilili est simplement un grand moment de fraîcheur, un ovni cinématographique. Parce qu’il est rare qu’un réalisateur ait l’énergie de suivre son sujet durant cinq ans. Que cet acharnement et cette implication a permis une proximité incroyable avec les sujets du film, dans la galère comme dans les premiers succès. Au coeur de leur ville, de leur quartier, de leur maison ou du zoo où ils se retrouvent généralement, comme derrière eux en tournée à la découverte de tout (l’avion, l’Europe, la neige, le succès). Et on ne peut s’empêcher d’être en totale empathie avec eux, tout simplement parce qu’ils débordent d’envie et d’énergie, d’humour et de simplicité.

J’ai eu, après avoir vu le film, la chance de les croiser deux fois la semaine dernière puisqu’ils étaient sur Paris. Et même s’ils ont tourné dans le monde entier, fait la première partie des concerts de Blur, que des groupes japonais font des covers de leurs morceaux, et qu’Agnès b. les habille désormais, la simplicité est toujours intacte, au-delà des apparences (ça tombe bien, c’est le sens du nom du groupe en Lingala).

Le film sort demain, allez le voir, c’est un ordre.

Ricky le Boss, entouré de son groupe ©DVLS10

Coco et Roger le virtuose du Satongé ©DVLS10

Cooly Music made in RDC ©DVLS10

Home Made Guitar ©DVLS10

Très Très Fort ! ©DVLS10

Au vert

Demain je me nettoie, je me remets à Dieu et j’en profite pour lui présenter un petit jeune plein de talent (mon plus jeune -et très talentueux- partenaire de compils).
Demain je bois de bulles au milieu des champs au dessus de la rivière.
Demain je parle de demain et d’après, d’Afrique, d’avenir, de rêves et de projets.

Demain je suis au vert.

Hot Chip – Over and Over (Maurice Fulton Remix)

Load-ery ©DVLS09