Archives mensuelles : septembre 2010

Méthode Couette

J’ai pas trop apprécié d’être réveillé en pleine nuit par le bruit de la pluie qui tombait drue dans ma salle de bain. Quelle idée de laisser le velux ouvert au coeur de l’automne.
Pour éviter d’être bougon toute la journée en regardant la pluie froide marteler la fenêtre, je vais tenter la méthode couette. Auto-persuasion bien au chaud dans mon lit.
La voix de Nina dans les oreilles, les nappes sonores hypnotiques de Nicolas Jaar pour basculer dans des rêves estivaux. Rien de mieux pour se sentir bien, se sentir bien, se sentir bien. en boucle.

Nina Simone – Feeling Good (nico’s feelin good edit)

Close your Eyes ©DVLS08

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A la mine

Ce week-end, les valeurs du travail étaient à l’honneur.
Les mineurs stéphanois ont battu les bourgeois lyonnais,
et j’ai passé mon week-end entier à bosser, quasiment sans voir le jour (qui de toutes façons était recouvert d’une épaisse couche de pluie sombre), et sans dormir la nuit.
En phase avec les chiliens bloqués à 700m de profondeur.

A la mine mais pas au fond du trou. Toujours en musique, et toujours avec le sourire.

Sam Cook – Working In A Coal Mine

I can’t get no

Demain, c’est pleine lune. C’est mon agenda qui l’a dit.
Enfin, je sais pas si c’est demain, parce que la lune, hein, elle bosse surtout la nuit, elle aussi. Donc j’arrive jamais à savoir si c’est la nuit qui précède ou celle qui suit le jour indiqué par mon agenda (qui indique aussi « automne », mais je fais comme si j’avais pas entendu l’insulte ; un vieux reste de self-control de l’époque où je faisais du karaté avec Laura Branigan).

Demain c’est pleine lune, donc. Aucun risque de me transformer en loup-garou, je suis consciencieusement les conseils des magazines métrossessuels en matière d’épilation définitive. En revanche, du côté de la libido, la lune exerce sur moi une influence jamais démentie depuis ma puberté. J’entre en fusion, je suis traversé de pulsions aussi incontrôlables qu’insatiables.

Le seul moyen que j’ai trouvé pour me contenir, pour ne pas faire de ravages dans les troupeaux de femelles qui osent s’aventurer dehors, c’est de m’enfermer chez moi, et d’écouter en boucle un des plus beaux duos féminins que je connaisse.

Björk & PJ Harvey – (I can’t get no) satisfaction

(satisfaction)

Marathon

Vendredi dernier, c’était prévu, je m’y étais préparé : ça allait être chargé.

Départ du Xe arrondissement à 16h30 sous le soleil pour rejoindre les Abesses. Sur le plan, ça ne fait pas très loin, mais la côte de 3e catégorie de la rue des martyrs me rappelle que je fume deux paquets de clopes par jour. J’arrive ruisselant et au bord de la crise d’asthme au Sancerre, où nos petits camarades de Folistar commencent à installer le matos. On finit la mise en place, et je prends les platines presque à l’heure. Musique estivale pour ravir un public nombreux composé principalement de poussettes, jeunes mamans, étudiantes encore en vacances, bobos-en-wifi, chômeurs, et de quelques potes branleurs qui ont réussi à arriver tôt, ainsi que de représentants de certains autres crews qui ne commencent leur set que plus tard.
J’ai récupéré mon souffle et le sourire, et j’attaque donc les pintes de Grolsch avec autant de soin que j’apporte au son (une pinte tous les 4 morceaux), avant de passer les platines à Seb, le boss de Folistar.

Seb / Folistar ©DVLS10

Je profite de son set depuis la terrasse en discutant avec les potes, avant d’aller faire un petit tour dans le quartier pour aller saluer la concurrence (Vice, OMS, Missive…). Ca commence tout doucement, et pour l’instant, le noyau central dont on fait partie semble le plus actif.
Retour au Sancerre alors que les rues et les terrasses commencent à bien se remplir. Même Michou, en Boss du quartier, fait son petit tour accompagné de sa cour.

Michouuuuuuuuuuuu !!! ©DVLS10

Milos Djukic / Clichey ©DVLS10

C’est désormais Milos Djukic qui a pris les platines, mais je ne vais pas pouvoir en profiter longtemps puisque je dois filer à Bastille pour le concert de Donso.
Dans ce sens-là ça va, c’est de la descente au moins jusqu’à République.

Concert énorme, le mélange électro-malien conquiert la salle, et le groupe finit le concert avec le même sourire extatique que le public. Grand moment de fraîcheur. Je suis déjà largement à la bourre, et pourtant je n’ai aucune envie que ça s’arrête, et aussi très envie de repartir très vite au Mali. Si vous voulez les découvrir, il faudra attendre les Transmusicales de Rennes, en décembre.

Pierre (aka Krazy Baldhead) / Donso ©DVLS10

Machines, Donso n'goni et Chant, le mélange magique ©DVLS10

Donso / Percus et guitare ©DVLS10

Fini de rigoler, je réattaque la montée vers les Abesses, toujours en vélo (mais avec l’ordi et la table de mixage en moins par rapport au premier trajet). J’atteins la butte juste avant 23h, et j’hallucine sur la marée humaine qui emplit la place et toutes les rues adjacentes. De la folie pure. Tous les bars ont déjà coupé le son, mais les gens ne bougent pas, tout le monde semble content de se retrouver là. On profitera d’ailleurs encore une bon bout de temps de la terrasse du Sancerre, pas pressés d’aller se frotter à la foule qui se presse à l’entrée de la Machine du Moulin Rouge. Les nouvelles variant assez peu, on décide même d’aller manger un morceau, en regardant la butte commencer à se vider petit à petit.
1h du matin, le ventre plein et l’enthousiasme débordant, malgré des échos toujours pessimistes de la porte de la Machine, on se met en chasse d’un bar accueillant. Peine perdue, la plupart sont bondés, les autres ferment, en amont comme en aval de Pigalle (à moins d’aller tenter du bar à entraineuse, mais ça fait un peu cher le verre). On perd progressivement une bonne partie de notre groupe, jusqu’à se décider, avec Flic, à tenter en duo notre chance à l’Elysée Montmartre pour l’anniversaire Ninja Tune, puisqu’il a deux places et que sa femme a déclaré forfait.
Mister Scruff est aux platines, les verres sont bien chargés, et on profite du spectacle une petite heure et demie avant que Flic n’abandonne sur un wizz-coke de trop.

Ninja Tune XX / Mr Scruff ©DVLS10

Je file vers la Machine. Il reste encore un peu de queue, mais j’arrive à me faufiler avec un peu d’aide, et je rejoins quelques potes pour boire des coups pas forcément nécessaires mais éminemment sympathiques. Je ne prends même pas le soin de faire le tour de l’établissement, on a Tekilatex sous les yeux, et ça suffit largement.

Tekilatex @ Grrrr Afterparty ©DVLS10

5h, fin de la seconde bouteille de vodka, certains évoquent Régine’s, d’autres un plat de pâtes dans un appart’ du quartier. Je choisis la seconde option, qui me parait beaucoup plus sage. Mais j’abandonne mes amis en chemin pour aller récupérer mon vélo. C’est à ce moment là que je me souviens que c’est l’heure du set d’Herbaliser à l’Elysée Montmartre. Hop, crochet rapide. Le videur m’explique qu’il ne laisse plus rentrer personne, mais appareil photo en main, je réplique que je suis là pour bosser, que si ça ne tenait qu’à moi je serais dans mon lit depuis longtemps, et qu’il n’a qu’à appeler son responsable. Il me croit, et je me délecte de 3/4h de set.

Ninja XX / Herbaliser ©DVLS10

C’est l’heure de rejoindre enfin mes potes, qui m’attendent autour d’un single malt qui me fait réaliser que j’ai largement dépassé mes AJRA (apports journaliers recommandés en alcool). J’avale quelques pâtes, et je file au lit, en remerciant le fixie qui m’ouvre le chemin sur la piste cyclable de Magenta (ma mise au point commence à être légèrement défaillante), et en me disant que c’est quand même dommage de n’avoir pas trouvé le temps de passer faire un tour à Oberkampf pour les 10 ans de Tigersushi.

Fin du marathon, et je peux vous le dire : c’est vraiment un sport de con.

Beck – Run Run Run (Velvet Underground cover)

GRAND PALAIS

Je sais où je serai le 9 octobre.
Impossible d’imaginer rater l’événement électro de l’automne. Voire même de l’année, vu le line-up de ouf qui investira le Grand Palais : Laurent Garnier (live), Yuksek (live), Simian Mobile Disco (DJ set), Supermayer (DJ set), Ebony Bones (live), Juan MACLEAN (DJ set), Siskid vs Karmil.

Rien à ajouter. Lolo le pape de la musique électro, Yuksek le live le plus hystérique et jouissif de Calvi On the Rocks 2010, Les tueurs de Simian, Supermayer dont je rêvais pour Calvi et leur son toujours groovy et enjoué. Rien que pour ça, je craque mon slip.

Je les imagine déjà, jouant dans la majestueuse Nef du Grand Palais pour une immense foule en délire, jusqu’à ce que le jour pointe à travers la verrière.

On ne va pas dormir beaucoup cette nuit là.

Simian Mobile Disco – Sleep deprivation

Toutes les infos et la billetterie ici (a priori, plus de places grand public, j’espère que vous ou vos amis sont chez SFR).

LunaFiac, ma première claque nocturne au Grand Palais ©DVLS05

HEAVEN

J’habite au 6e étage. Sans ascenseur. 134 marches à gravir pour rentrer chez moi. Et je vous laisse imaginer ce que ça donne avec une valise, des courses, ou 3 grammes dans le sang. L’enfer.

Mais l’intérêt de l’enfer, c’est que juste au dessus, il y a le Paradis. Après le 6e étage, le 7e : ciel.

Kasper Bjoerke – Heaven (Nicolas Jaar Remix)

bande-son idéale de mes siestes au soleil sur le toit

My life, my life, my life, in the sunshine ©DVLS10

roof room ©DVLS10

Music in Words

« Je me suis fondue dans la foule qui s’était considérablement épaissie. Des faisceaux de bleu balayaient les visages baignés de sueur. Une forte odeur d’herbe flottait. J’ai taillé dans la masse pour me retrouver bien en face de Jessie qui avait mis son casque et calait son premier disque. Le flux sonore s’est estompé peu à peu, jusqu’à n’être plus qu’un vague bourdonnement. Une rumeur de mécontentement s’est élevée. Un son acid a commencé à monter. Mes pieds bougeaient déjà tout seuls. Le son s’est étiré tranquillement dans le silence, tournoyant ça et là, puis une basse a commencé à se profiler. Lente, aquatique, je la sentais me prendre le bas du ventre. Autour de moi ça remuait vaguement. J’ai rentré le pass sous mon tee-shirt. L’éclat de rire fracassant d’Aphex Twin a explosé, puis un autre, et brutalement c’est parti, prenant tout le monde par surprise, un gros emballement de percussions et un seul cri est monté de la foule qui venait de comprendre que ça allait tuer. Les stroboscopes sont revenus, accélérant les mouvements qui m’entouraient, modifiant instantanément la perception que j’avais de la distance qui me séparait des autres. Mes pieds marquaient le rythme, ma tête suivait le son. Les boucles se superposaient, s’enroulaient, tissant des structures de toutes formes, pistes infinies que mon cerveau voulait toutes emprunter les unes après les autres. Par moment je me calquais sur les graves, à d’autres sur les aigus. Les inversions me faisaient rebondir, me plier, me remonter. Sur les écrans géants, les spirales se déformaient en suivant le tourbillon du son. Je considérais mes mains qui ondulaient, se fermaient puis se rouvraient. Mes bras étaient devenus comme des extensions du reste de mon corps, ils s’élevaient, redescendaient puis remontaient, s’envolant dans les nappes, et mes yeux fascinés n’en perdaient pas une miette. Autour de moi, tout était devenu plus net, plus éclatant. Le scintillement des piercings aux arcades, aux narines, aux oreilles, les gouttes de sueur sur les fronts, les gouttes d’eau perlant des mentons en train de boire, jusqu’à la profondeur des regards dans lesquels je me plongeais sans retenue. Tous extatiques de se trouver là, dans ce lieu inconnu et investi pour une nuit. Tous transportés par la magie de cette totalité créée par la musique, les lumières et la foule. »

Ann Scott, Superstars (2002)

Si vous aimez l’écriture d’Ann Scott, son dernier roman, À la folle jeunesse, est sorti mi-août. Il est sur la table de chevet, mais je n’ai pas encore eu le temps de m’y plonger, malgré une quatrième de couverture qui me pousse à abandonner ou bâcler les autres livres en cours. On en parlera une prochaine fois…

Aphex Twin – Windowlicker (Trentemoller X-Rated Lick)

United in Sound ©DVLS10