Archives mensuelles : mars 2010

Fuck MP3

Je suis un vieux con. Un vieux con qui passe son temps à chercher du son sur le net et à gaver son ipod de nouveaux morceaux, certes. Mais un vieux con quand même, parce que c’était mieux avant.

Internet est une révolution merveilleuse, qui permet à n’importe quel jeune motivé et curieux de se construire aisément une culture musicale. Même s’il habite au fin fond de la Creuse et n’a pas un sou, il peut en un rien de temps découvrir ce qui m’a couté une fortune et un temps fou, grâce aux passionnés qui mettent en ligne les morceaux, les visuels et toutes les informations sur les artistes, les labels… (et malgré la mauvaise volonté de l’industrie musicale, plus occupée à vendre de la soupe ou de la sonnerie de portable et à interdire la mise en ligne des paroles ou les clips sur youtube qu’à bâtir une encyclopédie de la musique en ligne pour éduquer et intéresser ses clients).

Mais j’ai réalisé récemment que certains jeunes n’ont certainement jamais acheté un CD de leur vie, et encore moins un vinyle. Ce qui me fait regretter deux choses : ils n’auront tout d’abord jamais la perception de la musique autrement que comme une accumulation de morceaux uniques (des compils, quoi), alors qu’un album, tel qu’il est voulu par ses créateurs, est un ensemble complet dont les éléments sont indissociables, enchaînés dans un ordre réfléchi. Ils n’auront jamais la chance de se faire entraîner corps et âme dans un univers pendant plus d’une heure.

Et ils n’auront pas non plus le plaisir de l’objet. Je me souviens d’avoir souvent ausculté mes pochettes de disques, en suivant les paroles des chansons ou en lisant jusqu’au dernier des remerciements ou à la plus anodine information de production pendant l’écoute du disque.
Beaucoup de pochettes de disques sont surtout de magistrales oeuvres d’art, et ont fait énormément  pour mon éducation graphique.

On prédisait la mort du CD, c’est le cas, mais bizarrement le vinyle résiste. Je ne dois pas être le seul à être attaché à cet objet. Même si bien peu d’éditeurs ont compris comment fidéliser cette clientèle de passionnés (il est pourtant tellement simple de livrer un code avec le vinyle permettant à son acheteur de downloader en MP3 les morceaux qu’il vient d’acheter).

Si vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche (ou de vos journées d’ici au 16 mai), je vous recommande un petit tour par la Maison Rouge pour l’exposition « vinyl, disques et pochettes d’artistes, collection Guy Schraenen ».

Même si j’ai été déçu de ne pas y trouver grand chose de récent, et que je regrette une grosse focalisation sur la musique expérimentale allemande, il y a quand même largement de qui vous faire tourner la tête.

Dead or Alive – You Spin me round (like a record)

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FUCK WINTER

Ce soir, nouvel épisode des aventures du Clichey Crew au Napoléon.
On oublie les fourrures, et on célèbre le printemps couverts de fleurs, en dansant sur du bon son bien groovy.

The Pharcyde – Soul Flower (Tatelarock RMX)

N’hésitez pas à venir tôt pour profiter de la chaleur et du beau temps (garanti jusqu’à 22h, un peu plus incertain ensuite).
Soyez beaux parce que j’aime ça, et parce qu’on ira ensuite rendre visite à Miss Kittin chez Regine.
Si vous avez hiberné tout l’hiver et que votre corps est rouillé, n’hésitez pas à réviser les bases de la technique de danse ici (merci Fil)

Addictions, part 4 : au goulot

Jeudi, c’est le jour de retrouver notre petite addiction hebdomadaire. Et vu qu’on avait pas tout à fait fini de picoler avant que je ne vous abandonne quelques jours, je vous attend au bar pour vider les fonds de verres.

Kid Koala (Live @ the Metro) – Drunk Trumpet
Sonic Youth – Drunken Butterfly
Poni Hoax – Drunks and Painters on Parade
Gil Scott-Heron – The Bottle
Brel – A jeûn (MMM mix)

un dernier verre au bar

à demain au Napo, je vous offre un verre.

Montée de sève.

Dimanche après-midi entre deux coups de balais, je fumais une clope au soleil, le cul posé sur la grosse poutre en chêne qui fait office de banc devant la Millerette, à sentir la chaleur qui montait de la vallée, et les odeurs de la montagne qui s’éveillent. Bizarre de se dire que deux jours avant encore, on se les gelait en haut de l’aiguille rouge. Mais tout aussi bizarre de se retrouver catapulté le lendemain à Paris. Terrasses prises d’assaut pour officialiser la sortie d’Ère Glaciaire et profiter des premières chaleurs (celles du soleil ; quoique, pas que).
Le printemps, c’est le retour de jupes et des lunettes de soleil. C’est le plaisir de voir, dans une lumière retrouvée, la légèreté des filles se révéler à nouveau.

Rendez-vous vendredi au Napoléon pour fêter ça en dansant. Clichey vous offre officiellement le Printemps à Minuit, merci de célébrer l’évènement en portant des fleurs, par tous les moyens.

D’ici là, prenez le temps de regarder passer les filles.

Andy Williams – Music To Watch Girls By

Fig. 1 : Hiver / Fig.2 : Printemps (Merci Professeur Newton)

Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image et du son

La suite de nos programmes dès que je serai revenu de prendre un peu l’air en altitude.

Si je vous manque, ben je sais pas moi, allez fouiller dans les vieux articles au hasard, y’en a bien un ou deux qui ont dû vous échapper. Ou lâchez votre ordinateur et allez écouter plein de son très fort et danser très tard.

Mais laissez-moi rider tranquille.

tranquille, on a dit... ©DVLS08

Art Lumettes

Aujourd’hui, je suis tombé en rade de briquet.

Y’en a qui trainent partout chez moi, et pas un qui fonctionne. J’ai été sauvé par une bête boite d’allumettes qui trainait dans ma cuisine (alors que j’ai même pas de plaques au gaz, va savoir, mais heureusement, parce que je ne me voyais pas allumer mes clopes sur les plaques vitrocéram ou dans le four de ma cuisinière).

C’est en frottant le petit bout de bois souffré que m’est revenu le souvenir d’un artiste que j’ai découvert il y a un peu plus de deux ans, à la faveur d’un improbable diner chez un riche collectionneur d’art de très bon goût. au milieu de son salon regorgeant de merveilles, j’ai été immédiatement attiré par une tête humaine accrochée au mur telle un trophée de chasse, criblée de quelques carreaux d’arbalète. Ce n’est qu’en m’approchant un peu que j’ai perçu la texture granuleuse de la peau. Voyant ma curiosité, mon hôte m’a expliqué que le trophée était intégralement constitué d’allumettes, et m’a parlé de son coup de coeur pour l’artiste : David Mach.

Le monsieur ne se limite pas aux allumettes, il recycle aussi pour ses sculptures des cintres, des dominos, ou tout ce qui lui tombe sous la main. Il ne se limite pas à la sculpture non plus, d’ailleurs. Mais ma préférence va aux cintres, qui constituent des personnages qui semblent à la fois puissants (comme des T1000 ou des silver surfers) et pourtant aggressés par un acupuncteur fou ; et surtout aux allumettes parce qu’elles générent immédiatement chez moi l’idée que l’oeuvre est fragile et ephémère, et aussi parce qu’elles sont une sorte d’écho, à une lettre près, à l’identité de l’artiste. Quand on s’appelle Mach, on pourrait passer le mur du son (ce qui m’aurait touché aussi, vous vous en doutez), mais on peu aussi chercher la source d’inspiration qui nous est la plus proche. Mach & Matches match.

En toute logique, une petite sélection pyromaniaque de reprises du tube des Doors, qui tend à prouver que le recyclage marche aussi très bien en musique.

Al Green – Light my fire

Stevie Wonder – Light my fire

Shirley Bassey Meets Booster – Light my fire

un gorille en allumettes, c'est plus fun qu'un tour eiffel, non ?

gorille toujours, mais en cintres

Addictions, part 3 : avec modération

Second volet de votre thématique préférée, bande de petits polytoxicomanes.

J’aime l’alcool. J’aime son goût, particulièrement quand c’est un Gevrey-Chambertin, un grand cru de champagne ou un cocktail réalisé par Seb.

J’aime l’ivresse, l’euphorie, l’envie de danser jusqu’à l’aube. Et j’ai parfois du mal à m’arrêter…

Fox N Wolf – Youth Alcoholic
CSS – Alcohol
Dent May – I’m An Alcoholic
Serge Gainsbourg – Intoxicated Man
Loka – My Life’s In These Bottles

Ma collec de tickets-consos non utilisés, preuve que je ne bois pas tant que ça...