Fuck MP3

Je suis un vieux con. Un vieux con qui passe son temps à chercher du son sur le net et à gaver son ipod de nouveaux morceaux, certes. Mais un vieux con quand même, parce que c’était mieux avant.

Internet est une révolution merveilleuse, qui permet à n’importe quel jeune motivé et curieux de se construire aisément une culture musicale. Même s’il habite au fin fond de la Creuse et n’a pas un sou, il peut en un rien de temps découvrir ce qui m’a couté une fortune et un temps fou, grâce aux passionnés qui mettent en ligne les morceaux, les visuels et toutes les informations sur les artistes, les labels… (et malgré la mauvaise volonté de l’industrie musicale, plus occupée à vendre de la soupe ou de la sonnerie de portable et à interdire la mise en ligne des paroles ou les clips sur youtube qu’à bâtir une encyclopédie de la musique en ligne pour éduquer et intéresser ses clients).

Mais j’ai réalisé récemment que certains jeunes n’ont certainement jamais acheté un CD de leur vie, et encore moins un vinyle. Ce qui me fait regretter deux choses : ils n’auront tout d’abord jamais la perception de la musique autrement que comme une accumulation de morceaux uniques (des compils, quoi), alors qu’un album, tel qu’il est voulu par ses créateurs, est un ensemble complet dont les éléments sont indissociables, enchaînés dans un ordre réfléchi. Ils n’auront jamais la chance de se faire entraîner corps et âme dans un univers pendant plus d’une heure.

Et ils n’auront pas non plus le plaisir de l’objet. Je me souviens d’avoir souvent ausculté mes pochettes de disques, en suivant les paroles des chansons ou en lisant jusqu’au dernier des remerciements ou à la plus anodine information de production pendant l’écoute du disque.
Beaucoup de pochettes de disques sont surtout de magistrales oeuvres d’art, et ont fait énormément  pour mon éducation graphique.

On prédisait la mort du CD, c’est le cas, mais bizarrement le vinyle résiste. Je ne dois pas être le seul à être attaché à cet objet. Même si bien peu d’éditeurs ont compris comment fidéliser cette clientèle de passionnés (il est pourtant tellement simple de livrer un code avec le vinyle permettant à son acheteur de downloader en MP3 les morceaux qu’il vient d’acheter).

Si vous ne savez pas quoi faire de votre dimanche (ou de vos journées d’ici au 16 mai), je vous recommande un petit tour par la Maison Rouge pour l’exposition « vinyl, disques et pochettes d’artistes, collection Guy Schraenen ».

Même si j’ai été déçu de ne pas y trouver grand chose de récent, et que je regrette une grosse focalisation sur la musique expérimentale allemande, il y a quand même largement de qui vous faire tourner la tête.

Dead or Alive – You Spin me round (like a record)

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4 réponses à “Fuck MP3

  1. Salut vieux con

    Je profite d’une petite insomnie (c’est pas la vieux-connerie, c’est le « jet-flag » comme dirait mon ami le coyote) pour lire ton torchon électronique que je n’ai pas beaucoup consulté depuis 15 jours que je me la coulais douce sous les cocotier et les tire de kalach’ – et là je tombe sur cet article de vieux con réac’ qui me titille l’esprit. En tant que vieux con réac’ moi aussi je me suis dis que j’allais en rajouter une couche tiens! Je me sens d’humeur lyrique cette nuit

    Le disque c’est un rituel qui commence par un premier contact visuel. Jouissance d’une trouvaille inattendue au détour d’un bac ou du fruit d’une persévérante recherche pour le grand œuvre tant convoité.
    Première découverte de l’objet et très vite la curiosité sonore prend le pas. C’est l’heure de la première écoute – la cérémonie peut commencer à la gloire du sacrosaint microsillon.
    On prend délicatement par la tranche cette galette noire on la pose sur l’autel prévu exactement à sa dimension. Puis on donne une impulsion à ce plateau pour le faire évoluer dans un mouvement révolutionnaire continu de 33,33 tours par minute.

    On pose un diamant en offrande sur cette étendue vierge noire afin de communier dans le son avec elle et d’en extraire le suc musical. On atteint l’apothéose.
    Les morceaux s’enchainent au fur et à mesure que le diamant dans un mouvement centrifuge réduit progressivement le rayon de sa révolution. L’esprit est tout entier absorbée par ce miel sonore… puis arrive la scène finale : le rideau tombe sur la dernière note de la seconde face, on relève le diamant on le replace sur son socle, on remet le disque noir dans son ecrin -non sans s’assurer qu’il est immaculé – comme vierge – pour une prochaine écoute.

    La communion est terminée, la messe est dite, on peut aller en paix…

  2. c’est vrai que vous êtes 2 vieux cons réacs ! 😀 😀

  3. Les sessions de diggin’ chez Youri, rue d’Argout, me manquent (surtout à plusieurs en mode compète pour dénicher les perles à bas prix)

  4. c’était sans doute mieux avant mais les vieux cons, moi, j’aime ça!
    questche, c’est valable pour toi aussi x

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